Il allait seul
Sur le chemin
Tenant en main
Comme un linceul
Un linge blanc
Souillé de sang
Il respirait
A pleins poumons
L'air pur du mont
Qu'il savourait
Dans son cafard
Le montagnard
Il était mort
Comme le loup
Avec un trou
Perçant son corps
Dans un ravin
Pour un larcin
Il avait pris
Un presque rien
Qui n'était sien
Et un fusil
Brisa l'élan
De son enfant
Il était beau
Le garnement
Son jeune plant
Son hobereau
En qui l'on crut
Qui n'était plus
Tous ses espoirs
Brillaient en lui
Mais cette nuit
Tout devient noir
Tout disparaît
A tout jamais
Près du torrent
Et ses rochers
Où a cherché
Son jeune enfant
Tant de cailloux
Qu'il fit bijoux
Il s'arrêta
Vit un oiseau
Jouant sur l'eau
Et il pleura
Non loin de là
Sonnait le glas
Il alla seul
Sur le chemin
Tenant en main
Comme un linceul
Son linge blanc
Souillé de sang
Puis s'écroula
De tout son long
Sur le limon
Qu'il embrassa
Les yeux embués
Ils l'avaient tué