Le Montagnard 

Justice n'est pas le bien
Toujours
Il lui faut inclure un rien
D'amour
 

Il allait seul
Sur le chemin
Tenant en main
Comme un linceul
Un linge blanc
Souillé de sang 

Il respirait
A pleins poumons
L'air pur du mont
Qu'il savourait
Dans son cafard
Le montagnard

Il était mort
Comme le loup
Avec un trou
Perçant son corps
Dans un ravin
Pour un larcin

Il avait pris 
Un presque rien 
Qui n'était sien 
Et un fusil 
Brisa l'élan 
De son enfant   

Il était beau 
Le garnement 
Son jeune plant 
Son hobereau 
En qui l'on crut 
Qui n'était plus 

Tous ses espoirs 
Brillaient en lui 
Mais cette nuit 
Tout devient noir
  Tout disparaît 
A tout jamais  

Près du torrent 
Et ses rochers 
Où a cherché 
Son jeune enfant 
Tant de cailloux 
Qu'il fit bijoux   

Il s'arrêta
Vit un oiseau 
Jouant sur l'eau
Et il pleura 
Non loin de là 
Sonnait le glas   

Il alla seul 
Sur le chemin 
Tenant en main 
Comme un linceul 
Son linge blanc 
Souillé de sang   

Puis s'écroula 
De tout son long 
Sur le limon 
Qu'il embrassa 
Les yeux embués 
Ils l'avaient tué

 

© Pascal GOUZIEN. Tous droits réservés.