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Il était, un jour, une
fillette, Triste au milieu d'une pièce sombre Qui écoulait sa vie aigrelette A jeter du rêve dans l'ombre : On la serrait en des mains sales, On la renversait dans la salle, On la baisait miteusement, On la caressait tendrement … On ne discutait pas sans elle, Elle seule donnait des ailes Aux hommes lourds qui venaient là, Bien qu'elle jamais ne parlât. Quand ils avaient un peu de peine, Quand ils souffraient des dures chaînes De l'existence, la fillette Leur offrait des moments de fête. Elle mouillait leurs lèvres sèches, Leur réchauffait le ventre froid, Leur faisant oublier parfois Leur vie étriquée et revêche. Mais un jour elle fut cassée Par une main trop empressée. Et ainsi agit le destin Sur notre fillette de vin … Si vous avez un peu de cœur, Buvez un verre en son honneur ! |